Bouenza : les entreprises appelées à se conformer à la loi sur la protection de l’environnement

En séjour de travail dans le département, la ministre Arlette Soudan-Nonault a invité les sociétés qui y sont implantées à observer les dispositions de la loi 1991 relative à la préservation de l’environnement.

A la suite des plaintes des habitants de la Bouenza relatives aux problèmes environnementaux engendrés par la production de ciment et de sucre, pour lesquels les dégâts ont des effets immédiats sur ces derniers, la ministre du Tourisme et de l’environnement s’est rendue sur le terrain pour s’enquérir elle-même de ce qui se fait réellement dans ce département.

Arlette Soudan-Nonault a visité tour à tour la Société de recherche et d’exploitation minière (Soremi SA), la Société nationale de cimenterie du Congo (Sonocc), la société Dangote cement SA et la société de production du sucre Saris. Partout où elle est passée, le constat a été le même. Choquée par les dangers auxquels est exposée la population et par l’ampleur de la dégradation des écosystèmes provoquée par une exploitation qu’elle a jugée irresponsable, Arlette Soudan-Nonault a demandé à ces opérateurs de se conformer à la loi dans un délai de quatre mois pour certains et trois pour d’autres. Elle a intimé l’ordre à ces sociétés de réaliser des audits de leurs activités mais aussi de développer les techniques autres que l’utilisation des combustibles pollueurs, à l’instar de la houille.

La Soremi SA à Bandza, dans le district de Mfouati, qui a construit la première société minière moderne du Congo et produit la première plate de cuivre de son histoire, a été le premier site à être visité par la ministre. Cette société, a-t-elle fait savoir, n’a jamais mené d’étude d’impact environnemental. Elle a certes créé beaucoup d’emplois, a admis la ministre, mais les travailleurs ne sont pas protégés. « Vous savez qu’il va leur arriver dans quelques années le cancer du poumon dès lors qu’ils n’ont même pas d’équipements adaptés aux métiers qu’ils font au mépris de toutes règles. Il y a plus de vingt travailleurs opérés il n’y a pas trop longtemps. J’ai le retour de la population », a-t-elle dit, reprochant ce fait aux responsables de cette société, tout en leur demandant de respecter la loi cadre de 1991, en attendant la prochaine loi.

« Je suis devant un dilemme qui ne devrait pas l’être parce qu’il nous est demandé, aujourd’hui, de concilier développement économique et gestion durable de ces ressources naturelles. Vous exploiter ici le cuivre, le zinc et bientôt le plomb. Mais vous utilisez des produits qui, sur le plan environnemental, occasionnent beaucoup de dégâts. Il est avéré qu’il y a des substituts aujourd’hui dans le monde d’une gestion beaucoup plus durable, qui vous permettent d’exploiter la chaux sans pour autant utiliser ce combustible qui est le charbon, que vous recevez en plus sans l’autorisation du ministre en charge de l’environnement qui est la seule à pouvoir délivrer ses autorisations », a déploré la ministre.

Arlette Soudan-Nonault a parlé également de la chambre d’enfouissement qui ne répond plus au standard actuel de gestion durable d’une industrie comme celle de Soremi SA.

Elle a aussi découvert que non seulement il y a une extension de cette chambre mais une forme d’évaporation a été mise pour accélérer les procédures d’évaporation des eaux, des pompes pour lesquelles les déchets sont enfouis sous une grande bâche. Ce qui a amené la ministre à se poser les questions de savoir ce qui est fait des déchets demeurant en dessous et comment ils sont recyclés, etc.

A la Sonocc, deuxième étape, le constat a été le même. Après la visite guidée au hall du charbon, le directeur général de cette société qui emploie 266 Congolais a fait une brève présentation au cours d’une séance de travail.

La ministre a dit ne pas comprendre pourquoi cette société n’a jamais fait d’étude d’impact environnemental et social qui est l’une des premières obligations des entreprises qui s’installent au Congo, alors qu’elle a investi près de deux milliards cent millions francs FCFA pour aller vers un combustible qui n’est pratiquement plus utilisé dans toutes les sociétés qui concilient industrie cimentière et gestion durable. Ce montant, a-t-elle signifié, pouvait permettre d’avoir des installations qui concilieraient la gestion économique rentable avec un profit et la protection de l’environnement.

Dangote cement SA et Saris Congo dernière étape de la mission de terrain

A Dangote Cement SA, après avoir visité la carrière à deux kilomètres et demi de l’usine, de même que les entrepôts où sont gardés le charbon, le calcaire, l’argile, une sous-station électrique qui permet d’approvisionner toutes les machines, les deux parties ont entamé une séance de travail. Arlette Soudan-Nonault a fait savoir aux responsables de cette structure qu’ils ne peuvent plus aujourd’hui se développer sans la gestion environnementale, ce qui doit être l’un des piliers de leur entreprise. Pour aller à l’essentiel, elle leur a demandé de faire, dans les trois mois, l’audit environnemental pour une meilleure gestion.

Même chose à la société Saris où la ministre a fait savoir que la descente sur le terrain d’un ministre voudrait dire qu’il y a quelque chose qui ne va pas, tout en signifiant sa déception pour l’absence des études environnementales que devaient en amont réaliser ces sociétés.

Le préfet du département de la Bouenza, Moukala Tchoumou, a remercié la ministre pour cet exercice qui a valeur pédagogique. « Nous avons noté votre autorité et votre grande volonté de ramener ces sociétés dans les normes. Nous prenons tout ce que vous avez dit comme étant des orientations pertinentes », a déclaré le préfet.

 

 

Source: www.adiac-congo.com